mardi 10 avril 2018

Le chat de la mère Raval, Gérard Kammerlocher

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Il y en a qui aiment les chiens, d’autres les chats. Je fais partie de cette dernière catégorie et « Le chat de la mère Raval » de Gérard Kammerlocher ne pouvait que piquer ma curiosité. Une fin d'après-midi d'août Valériane Reclos, rentrant des courses, découvre son père inanimé sur un transat au bord de leur piscine. Alerté, le SAMU suspecte une tentative de meurtre ce qui déclenche l’intervention de la PJ en la personne de l’inspecteur Grobois. Celui-ci, enquêteur chevronné va d’emblée considérer la jeune femme de 18 ans comme l’auteure du crime. Il s'appuie sur un faisceau de présomptions : Denis Reclos est un riche entrepreneur dont Valériane est la seule héritière, le père et la fille vivent seuls dans cette maison relativement isolée, et l’alibi de la jeune fille est difficile à prouver. Valériane va alors connaître la promiscuité et les rigueurs de la détention. Confrontée aux certitudes d’un policier, estimé par sa hiérarchie et les juges, elle n’aura pour seul soutien que celui de sa tante Nicole belle-sœur de Denis qui ne peut se résoudre à l’imaginer coupable. Consciente que le dossier est vide et ne repose que sur la conviction de Grobois, Nicole n’aura de cesse que ce dernier s'intéresse à d’autres pistes : celle du comptable de l’entreprise de Reclos qui négocie son rachat pour une valeur largement sous-estimée, ou celle de l’ex-femme de Denis qui vit à Marseille avec un caïd local de la drogue, et qui hériterait de toute la fortune de Valériane si celle-ci venait à disparaître.
L'écriture alerte de Gérard Kammerlocher fait du chat de la mère Raval un roman policier fort plaisant à lire. Les personnages sont attachants, l’intrigue se déploie sans temps morts, les rebondissements se succèdent avec rythme, et la peinture de l’univers carcéral révèle une documentation scrupuleuse de la part de l’auteur. Relativement court le roman se lit d’une traite, offrant une occasion d'évasion un après-midi pluvieux, tandis que la conclusion promet une belle surprise. Je n’en dirai pas plus.

Le chat de la mère Raval, Gérard Kammerlocher, Édilivre.

Cette chronique a été diffusée le 31 mars 2018 lors de l’émission Un jour, un livre un auteur sur Radio Présence Lourdes.  

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